Hybris en 1988

Publié le par wolfen

 

 

Info pris sur: http://mo5.com

En 1988, les développeurs de jeux commencent à faire parler la puissance de l'Amiga 500. Hybris de Discovery Software est l'un de ces titres exclusifs et très démonstratifs. L'histoire de ce shoot'em up est pourtant d'une grande banalité : nous voici projetés en 2461, à bord d'un chasseur spatial détaché sur la station orbitale Hybris. La mission du jour consiste à rétablir le contact avec une colonie humaine lointaine qui ne répond plus. Des aliens ont en effet attaqué la planète sur laquelle ils avaient établi leur base. Une mission de reconnaissance qui va rapidement se transformer en mission d'éradication pure et simple… Heureusement notre chasseur est parfaitement équipé pour affronter les hordes d'aliens.

GALERIE
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L'image d'introduction est superbe, peut-être même l'une des plus belles consacrée à un simple shoot'em up, et qui donne une bonne indication sur la motivation des développeurs. Au plaisir des yeux s'ajoute celui des oreilles : la musique d'introduction est sublime, tout simplement ! Après avoir choisi son pilote, JP Maverick ou Kyle Lovett, un homme ou une femme, le jeu commence. Un vaisseau mère "lâche" notre chasseur sur la zone. Le jeu impose un scrolling vertical au déroulement assez lent.

 

Outre la superbe musique à tendance rock métal, la première chose que l'on remarque est la qualité graphique. L'homogénéité est parfaite, le décor et les sprites sont parfaitement intégrés, on note aucun problème de juxtaposition, entre les éléments fixes et mobiles. Un exploit quand on voit tous les objets présents à l'écran simultanément : décors, vaisseaux, tourelles, tirs, bonus, etc. Autre point fort, les ambiances graphiques sont judicieusement choisies et dépaysantes, avec un désert, une zone maritime et l'intérieur d'une planète.

 

L'autre point fort de Hybris est son système d'arme, unique au monde ou presque ! En effet, le chasseur est composé d'une cellule fixe sur laquelle peuvent venir se greffer 5 "up-grade", ou modules de combat. Ces derniers sont de plus en plus puissants et imposants. Le n°5 triple la surface "utile" du chasseur initial ! Les 5 modules proposent, en plus d'un tir souvent plus puissant au spectre plus large, une "expansion" ou position secondaire. Concrètement, les modules se transforment pour offrir une puissance de feu ahurissante pendant quelques secondes (durée paramétrable dans les options). Le module n°4 est de ce point de vue le plus intéressant : en mode normal, il tire des énormes flammes destructrices, déjà bien efficaces… Mais en mode étendu, son module se divise en quatre parties égales qui gravitent et tournent autour de la cellule pour assurer sa protection. On peut laisser les vaisseaux ennemis venir s'écraser contre son propre chasseur, sans risquer l'explosion.

 

Comme si l'armement modulaire n'était pas suffisant, les développeurs ont également attribué trois méga-bombes qui détruisent tout ce qui est présent à l'écran, vaisseaux, tourelles comme tirs ennemis. Arme des situations critiques, elle n'est disponible qu'à trois exemplaires et il est impossible d'en récupérer à moins de perdre la vie. On veillera donc à les utiliser avec parcimonie... Nanti d'un tel arsenal, complet et hyper puissant, le joueur est étonnamment très confiant lorsqu'il joue à Hybris. Il se sent invulnérable !

 

Pourtant, en mode de difficulté normal, Hybris est un jeu ardu. Les trois niveaux sont très longs, et la variété des attaques ennemies, qui cumule des tourelles au sol et des vagues composées de plusieurs vaisseaux, forcent le joueur à une certaine vigilance. Les différentes vagues sont réglées comme une horloge, elles arrivent, rapides et imperturbables, avec une perversité qui croît au fil de la progression. Mais c'est assurément les boss qui donnent le plus de fil à retordre. Ils ne sont guère impressionnants en regard des qualités du jeu, mais ils balancent des tirs et des petits vaisseaux par dizaines. Trois méga-bombes suffisent en général pour les mettre en fuite, une première fois…

 

Heureusement, les développeurs de Discovery Software ont tout prévu pour que le moins adroit des joueurs ait une chance de terminer le jeu. Ainsi ils ont imaginé un écran d'options accessible sur la page de présentation, au moment où le joueur est invité à choisir son pilote. En appuyant sur espace, on accède à un menu qui permet de paramétrer la vitesses des tirs ennemis, le temps entre chaque tir, la durée des "expansion" ainsi que l'intervalle de temps entre leur apparition. Avec ça, aucune excuse de ne plus finir le jeu.

 

Enfin, pour se rendre compte à quel point hybris est un jeu soigné, il suffit de regarder quelques minutes le générique de fin qui est tout simplement somptueux, une leçon de programmation ! L'écran des hi-score est animé et présenté en surimpression avec le décor du premier niveau qui défile au-dessous. Les différents vaisseaux ennemis nous sont présentés en animation tournoyante, avec leur valeur en points, et les lettres du nom du joueur apparaissent une à une constituées non pas d'une matrice de pixels, mais de vaisseaux ennemis. Enfin, le générique se termine par un portrait des développeurs et les traditionnels crédits et autre remerciements.

 

 

CONCLUSION

 



Hybris est sans doute l'un des plus grands shoot'em up de l'Amiga, et l'un des premiers jeux à démontrer le potentiel de la machine de Commodore. A l'époque, certains journalistes spécialisés pensaient que des personnes mal intentionnées avaient échangé l'Amiga de la rédaction contre une borne d'arcade. Un moyen humoristique de faire prendre conscience de la perfection atteinte par ce jeu. Le message était plutôt bien passé !

Publié dans Jeux vidéo des 80s

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